les Zénervés 10: Tous Les Papas
Cette chronique est dédiée à tous les papas du début du XXIème siècle Pour distinguer les papas du début du XXIème siècle des papas de la fin du XXème siècle, le plus simple est de les lâcher au super-marché. Les papas du début du XXIème siècle se dirigeront en premier et sans hésiter vers le rayon des langes et des lingettes, rayon qu'ils trouveront d'ailleurs du premier coup, sauf si le magasinier a changé les articles de place (ce qui fera râler le papa du XXIème siècle, comme n'importe quel autre papa).
Le papa du XXIème siècle est donc un papa qui non seulement sait changer un lange même avec du caca (ce que le papa du XXème siècle savait déjà faire), mais il sait aussi se repérer sans boussole dans un Delhaize en évitant le rayon vin au profit du rayon Pampers-Huggies-Produit Blanc, articles dont il a par ailleurs et à d'autres occasions déjà longuement comparé les prix.
Le papa du XXIème siècle s'inquiète aussi de la réserve de lait et de yaourts préférés et achète avec discernement des coquillettes à accomoder au jambon-beurre en lieu et place des pâtes à l'encre de seiche à accompagner d'une sauce aux truffes et d'un Pouilly.
J' ai lu quelque part qu'on exigeait de l'homme libéré des années 2000 de faire exactement ce que faisait la femme aliénée des années 50. Ca devait être dans un magazine féminin à la con parce que c'est une stupidité.
Je désire honorer tous les hommes libérés de l'an 2000, qui ne sont autres que les papas du XXIème siècle. Leurs enfants sauront leur prouver que leur combat n'était pas vain.
Cette chronique n'est pas dédiée au racisme C'est avec naïveté que je découvre encore à mon âge que le racisme participe de la nature humaine. Je désirais me rendre aujourd'hui au cours d'aérobic collectif sur les quais du Mékong (un truc inspiré de la gymnastique publique chinoise pratiquée dans les parcs dès potron-minet mais en beaucoup plus dynamique et le soir) quand Chang décida de faire la grève sur le tas. Ce ne serait pas drôle si les sautes d'humeur de Chang ne s'exprimaient que dans le secret de notre garage. Non content d'être légèrement dépressif, Chang est aussi vicelard. Quand il décide de se payer une crise d'autisme, c'est après la nuit tombée, au milieu d'un des carrefour s les plus fréquentés de la ville. J'ai attendu pendant une demie heure et demandé à une bonne douzaine de personnes de bien vouloir m'aider à pousser mon destrier jaune hors du chemin. Ils se sont tous bien marrés et ont passé leur chemin, hilares. J'ai bien cru que j'allais devoir laisser la bagnole là quand une voiture d'Handicap International avec deux belges dedans s'est enfin arrêtée pour m'aider ...
Je suis revenue à pieds, furibarde et en passant j'ai lancé un "merci beaucoup" tonitruant aux propriétaires du magasin de brols devant lequel j'étais en panne et qui à défaut de lever le petit doigt pour m'aider ont haussé les épaules quand je leur ai demandé assistance. La boutiquière a soigneusement évité de me regarder dans les yeux, j'espère qu'elle avait un peu honte.
Ce n'est pas la première fois que ça nous arrive et on n'est pas les seuls. J'avoue que j'ai cédé à un élan de racisme primaire en rentrant et j'ai dû dire des choses du style "c'est pas étonnant qu'ils soient sous-développés à ce point là s'ils ne sont pas fichus de faire preuve d'un peu plus de solidarité" et "ils mériteraient qu'on prenne tous nos cliques et nos claques et qu'on rentre chez nous en les laissant se démerder, on verrait comment ils tiennent debout sans l'aide étrangère qui fait 80% de leurs budgets"... Oui, je l'ai dit et d'ailleurs je suis tellement hors de moi que je le pense encore. Et je vais vous avouer le secret de mon coeur: ça fait un bien fou ...
Les théories s'affrontent. Jean-Philippe prétend que c'est une indifférence caractéristique de la vie urbaine. Je dis moi que Vientiane, organisée en petits villages avec chacun son chef et où les zébus cabriolent aux portes des maisons ne peut pas vraiment être qualifiée d'urbaine. Peut-être est-ce le résultat de la présence d'expats friqués dans un pays où les salaires moyens ne permettent même pas aux Laos de manger. Mais l'autre jour, au milieu du carrefour Ton Kon Kham, c'est un couple de petits vieux tout ce qu'il y a de Laos qui étaient en panne et madame, qui ne savait pas conduire poussait vainement une voiture beaucoup trop lourde pour elle tandis que monsieur tenait le volant. Donc ce n'est pas de la jalousie ni du racisme. C'est le Bouddhisme et cette histoire de Karma, dont le message est "Souffre dans cette vie-ci ou je te réincarne en mouche à merde". Encore plus subtil: "Si tu veux rendre service à ton voisin, laisse-le souffrir sinon je le reincarne en mouche à merde". C'est pour ça que tous les médecins étrangers qui bossent ici s'étonnent du manque de compassion envers les malades dans les hôpitaux.
De manière évidente la dame du magasin de brols n'avait pas envie que je me réincarne en mouche à merde. C'est pour ça que les trois mecs qui trainaient là (genre son mari et ses deux fils) sont allés se cacher dans l'arrière-boutique quand je suis revenue pour la deuxième fois leur demander de l'aide. Le type de l'atelier de meubles juste à côté n'avait pas non plus du tout envie que je me reincarne en mouche à merde. C'est pour ça qu'il continuait obstinément d'enfoncer des clous dans un fauteuil imitation empire d'inspiration thaïe. Les deux types dans la 4x4 juste derrière moi n'avaient pas non plus envie que je me réincarne en mouche à merde puisqu'ils ont préféré faire une série de manoeuvres compliquées pour me contourner plutôt que de sortir de leur air conditionné pour pousser . De même les deux ou trois conducteurs de tuk-tuk qui ont changé de vitesse en rigolant n'avaient pas non plus envie que je ne réincarne en mouche à merde. Ils en avaient si peu envie qu'ils ont même renoncé à un gain financier non négligeable puisqu'une fois la voiture poussée sur le bas-côté ils auraient pu me ramener chez moi et empocher le prix d'une course (avec pourboire). Quelle abnégation tout de même !!!
Tiens ça me fait du bien de vous écrire, je m'apperçois, en analysant la chose, que tous ces braves gens ne voulaient que mon bien et qu'ils ont dû être bien déçus de voir deux falangs débarquer et sortir de leur voiture pour m'aider: tous ces efforts, toute cette pitié, toute cette compassion, toute cette abnégation pour rien ! Gachée par deux longs-nezs qui ne savent pas ce que c'est que de se réincarner en mouche à merde. Tout bien réfléchi je vais écrire un petit mail d'injures à ces deux crétins d'Handicap: de quoi je me mêle? !? Ah ! Ces expats quand même ... si hautains, si indifférents à ce qui les entoure: qu'est-ce que je leur avais fait pour qu'ils me veuillent du mal au point de me sortir de la mouise aussi rapidement et aussi gentiment, et risquer que je me réincarne en mouche à merde? Pourquoi tant de haine ? Je ne comprends pas ...
Cette chronique est dédiée aux Africains Ca tombait mal cette histoire de bagnole parce qu'on rentrait tout juste de Phnom Penh où j'ai croisé des Africains qui assistaient en même temps que moi à la réunion annuelle de SIGN (Safe Injection Global Network ou comment éviter de risquer de mourir en se soignant ou en soignant les autres. Tout un problème). Je dois avouer que j'ai recherché leur compagnie à toutes les pauses-café et à tous les repas. C'était rafraîchissant de les entendre blaguer et rire, de se faire tutoyer d'emblée, de se faire taper sur l'épaule en se faisant appeler l "la soeur" ou "la mère". C'était relaxant de ne pas devoir se retenir, de ne pas devoir baisser les yeux, se tenir bien droite, de ne pas s'empêcher d'éclater de rire (ou alors avec le main devant la bouche), de parler fort et beaucoup, avec les mains, voire tout le corps et dire ce qu'on pense. C'était agréable de traîner après le café pour parler de choses et d'autres, un choc de les entendre parler d'eux-même et de la couleur de leur peau avec dérision et humour, un bonheur d'oublier quelques instants cette retenue et ce sourire poli si caractéristiques des peuples d'Indochine et qui aujourd'hui en particulier, je vous le dis tout net, me gonfle à mort.
Ca me passera et je vous promets de revenir à de meilleures disposition pour les Pays des Mille Elephants quand la voiture sera réparée.
En attendant, un souvenir ému, celui d'Emmanuel , ingénieur logisticien Nigérian en poste pour l'OMS au Kenya, un gros bonhomme en boubou vert porteur d'une thèse de doctorat, qui raconte comment il a failli créer plusieurs accidents dans Phnom Penh rien qu'en traversant la rue et qu'il ne trouve pas les femmes asiatiques minces mais plutôt en état de malnutrition chronique. Après une partie de franche rigolade où je lui expliquais les moeurs en vigueur en Asie du Sud-Est (ne pas toucher la tête des gens, ne pas montrer la plante des pieds, donner l'argent à deux mains, ne pas crier ni s'énerver, ne pas se faire des papouilles en public et qu'il n'avait aucune chance d'être servi s'il s'adressait à la serveuse en pointant l'index vers elle et en lui disant "Eh Sissi , tu m'aportes une tasse de café là ou tu te moques de moi?,) il a conclu philosophiquement: "Eh la Maman (c'est moi), si un jour à l'OMS au Laos vous avez besoin d'un logisticien, rappelle-toi qu'il y a au Kenya un certain Emmanuel Taylor et qu'il n'est pas du tout intéressé par ce poste".
C'est noté. Cette chronique n'est pas dédiée aux Khmers Rouges ni à l'économie de marché Parce qu'ils ont les uns et l'autre créé à Phnom Penh (et certainement dans le reste du Cambodge) une misère à fleur de ville, une mendicité tenace, des éclopés des membre et de la vie.
Ne me demandez pas par quoi je voudrais remplacer l'économie de marché ni ce qu'il adviendra du Cambodge quand Sihanouk ne sera plus là. Je ne suis pas assez savante pour ça.
Mise à part la mendicité (si tant est-il qu'il soit possible de mettre la misère à part), Phnom Penh est une belle ville, bien entretenue, bien reconstruite, où la trace de l'histoire tragique du Cambodge s'efface au profit d'un nouveau faste (Palais Royal illuminé le soir pour quelque invité d'honneur) et de la vie qui reprend ses droits (comme ce militaire démobilisé, maintenant chauffeur de moto-taxi souriant et serviable). Evidemment, si on veut manger sur un des bateaux illuminés accostés sur les rives du Tonlé Sap (je ne l'ai pas fait mais une collègue un peu prout prout a essayé), il faut supporter d'être entourée d'une armée de jeunes femmes-sandwich habillées du costume traditionnel khmer et portant sur l'écharpe qui ceint leur sein (waoh!) un slogan publicitaire pour du vin, des cigarettes ou de la bière. Elles s'arrachent les nattes pour être au premier rang et vous empêchent littéralement de respirer: elles ne sont sans doutes payées qu'à la commission et font vivre 12 personnes du fruit de leur activité nocturne de pancarte publicitaire. Un régal.
Cette chronique est dédiée aux globe-trotters courageux qui ont décidé de nous rendre visite dans notre maison les pieds dans l'eau
J'ajoute dorénavant à ma chronique le calendrier d'occupation de la maison puisqu'il semblerait que vous ayez déjà des difficultés à réserver vos billets pour des périodes où il y aurait un matelas disponible ...
Liliane 15-30 Janvier Gilles et Suzon Quelque part entre le 31 Janvier et le 20 Février Sophia, Philippe et Emna 20 Février-9 Mars Alex, Thierry, Sacha et Robin 2-16 Mars (avec un séjour chez les indigènes?) Eric, Hee Sun et Yumi ? Bulletin et prévisions météorologiques: La température commence à se rafraîchir Il fera "caillant" (minimas de 13-15 degrés !) en Novembre-Décembre Frais matin et soir et chaud en journée en Janvier et Février Les chaleurs commencent en Mars (mais rien de comparable à Avril En Avril il fait hon laiï laï ainsi qu'en Mai, Juin Juillet-Aout-Septembre, il pleut comme vache qui pisse et on rentre en Belgique Et c'est reparti pour un tour Vous êtes les bienvenus, nous vous attendons avec impatience Je vous embrasse Maryam
--------------------------------------------------------- Legal Notice: This electronic mail and its attachments are intended solely for the person(s) to whom they are addressed and contain information which is confidential or otherwise protected from disclosure, except for the purpose they are intended to. Dissemination, distribution, or reproduction by anyone other than their intended recipients is prohibited and may be illegal. If you are not an intended recipient, please immediately inform the sender and send him/her back the present e-mail and its attachments and destroy any copies which may be in your possession.
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Le papa du XXIème siècle est donc un papa qui non seulement sait changer un lange même avec du caca (ce que le papa du XXème siècle savait déjà faire), mais il sait aussi se repérer sans boussole dans un Delhaize en évitant le rayon vin au profit du rayon Pampers-Huggies-Produit Blanc, articles dont il a par ailleurs et à d'autres occasions déjà longuement comparé les prix.
Le papa du XXIème siècle s'inquiète aussi de la réserve de lait et de yaourts préférés et achète avec discernement des coquillettes à accomoder au jambon-beurre en lieu et place des pâtes à l'encre de seiche à accompagner d'une sauce aux truffes et d'un Pouilly.
J' ai lu quelque part qu'on exigeait de l'homme libéré des années 2000 de faire exactement ce que faisait la femme aliénée des années 50. Ca devait être dans un magazine féminin à la con parce que c'est une stupidité.
Je désire honorer tous les hommes libérés de l'an 2000, qui ne sont autres que les papas du XXIème siècle. Leurs enfants sauront leur prouver que leur combat n'était pas vain.
Cette chronique n'est pas dédiée au racisme C'est avec naïveté que je découvre encore à mon âge que le racisme participe de la nature humaine. Je désirais me rendre aujourd'hui au cours d'aérobic collectif sur les quais du Mékong (un truc inspiré de la gymnastique publique chinoise pratiquée dans les parcs dès potron-minet mais en beaucoup plus dynamique et le soir) quand Chang décida de faire la grève sur le tas. Ce ne serait pas drôle si les sautes d'humeur de Chang ne s'exprimaient que dans le secret de notre garage. Non content d'être légèrement dépressif, Chang est aussi vicelard. Quand il décide de se payer une crise d'autisme, c'est après la nuit tombée, au milieu d'un des carrefour s les plus fréquentés de la ville. J'ai attendu pendant une demie heure et demandé à une bonne douzaine de personnes de bien vouloir m'aider à pousser mon destrier jaune hors du chemin. Ils se sont tous bien marrés et ont passé leur chemin, hilares. J'ai bien cru que j'allais devoir laisser la bagnole là quand une voiture d'Handicap International avec deux belges dedans s'est enfin arrêtée pour m'aider ...
Je suis revenue à pieds, furibarde et en passant j'ai lancé un "merci beaucoup" tonitruant aux propriétaires du magasin de brols devant lequel j'étais en panne et qui à défaut de lever le petit doigt pour m'aider ont haussé les épaules quand je leur ai demandé assistance. La boutiquière a soigneusement évité de me regarder dans les yeux, j'espère qu'elle avait un peu honte.
Ce n'est pas la première fois que ça nous arrive et on n'est pas les seuls. J'avoue que j'ai cédé à un élan de racisme primaire en rentrant et j'ai dû dire des choses du style "c'est pas étonnant qu'ils soient sous-développés à ce point là s'ils ne sont pas fichus de faire preuve d'un peu plus de solidarité" et "ils mériteraient qu'on prenne tous nos cliques et nos claques et qu'on rentre chez nous en les laissant se démerder, on verrait comment ils tiennent debout sans l'aide étrangère qui fait 80% de leurs budgets"... Oui, je l'ai dit et d'ailleurs je suis tellement hors de moi que je le pense encore. Et je vais vous avouer le secret de mon coeur: ça fait un bien fou ...
Les théories s'affrontent. Jean-Philippe prétend que c'est une indifférence caractéristique de la vie urbaine. Je dis moi que Vientiane, organisée en petits villages avec chacun son chef et où les zébus cabriolent aux portes des maisons ne peut pas vraiment être qualifiée d'urbaine. Peut-être est-ce le résultat de la présence d'expats friqués dans un pays où les salaires moyens ne permettent même pas aux Laos de manger. Mais l'autre jour, au milieu du carrefour Ton Kon Kham, c'est un couple de petits vieux tout ce qu'il y a de Laos qui étaient en panne et madame, qui ne savait pas conduire poussait vainement une voiture beaucoup trop lourde pour elle tandis que monsieur tenait le volant. Donc ce n'est pas de la jalousie ni du racisme. C'est le Bouddhisme et cette histoire de Karma, dont le message est "Souffre dans cette vie-ci ou je te réincarne en mouche à merde". Encore plus subtil: "Si tu veux rendre service à ton voisin, laisse-le souffrir sinon je le reincarne en mouche à merde". C'est pour ça que tous les médecins étrangers qui bossent ici s'étonnent du manque de compassion envers les malades dans les hôpitaux.
De manière évidente la dame du magasin de brols n'avait pas envie que je me réincarne en mouche à merde. C'est pour ça que les trois mecs qui trainaient là (genre son mari et ses deux fils) sont allés se cacher dans l'arrière-boutique quand je suis revenue pour la deuxième fois leur demander de l'aide. Le type de l'atelier de meubles juste à côté n'avait pas non plus du tout envie que je me reincarne en mouche à merde. C'est pour ça qu'il continuait obstinément d'enfoncer des clous dans un fauteuil imitation empire d'inspiration thaïe. Les deux types dans la 4x4 juste derrière moi n'avaient pas non plus envie que je me réincarne en mouche à merde puisqu'ils ont préféré faire une série de manoeuvres compliquées pour me contourner plutôt que de sortir de leur air conditionné pour pousser . De même les deux ou trois conducteurs de tuk-tuk qui ont changé de vitesse en rigolant n'avaient pas non plus envie que je ne réincarne en mouche à merde. Ils en avaient si peu envie qu'ils ont même renoncé à un gain financier non négligeable puisqu'une fois la voiture poussée sur le bas-côté ils auraient pu me ramener chez moi et empocher le prix d'une course (avec pourboire). Quelle abnégation tout de même !!!
Tiens ça me fait du bien de vous écrire, je m'apperçois, en analysant la chose, que tous ces braves gens ne voulaient que mon bien et qu'ils ont dû être bien déçus de voir deux falangs débarquer et sortir de leur voiture pour m'aider: tous ces efforts, toute cette pitié, toute cette compassion, toute cette abnégation pour rien ! Gachée par deux longs-nezs qui ne savent pas ce que c'est que de se réincarner en mouche à merde. Tout bien réfléchi je vais écrire un petit mail d'injures à ces deux crétins d'Handicap: de quoi je me mêle? !? Ah ! Ces expats quand même ... si hautains, si indifférents à ce qui les entoure: qu'est-ce que je leur avais fait pour qu'ils me veuillent du mal au point de me sortir de la mouise aussi rapidement et aussi gentiment, et risquer que je me réincarne en mouche à merde? Pourquoi tant de haine ? Je ne comprends pas ...
Cette chronique est dédiée aux Africains Ca tombait mal cette histoire de bagnole parce qu'on rentrait tout juste de Phnom Penh où j'ai croisé des Africains qui assistaient en même temps que moi à la réunion annuelle de SIGN (Safe Injection Global Network ou comment éviter de risquer de mourir en se soignant ou en soignant les autres. Tout un problème). Je dois avouer que j'ai recherché leur compagnie à toutes les pauses-café et à tous les repas. C'était rafraîchissant de les entendre blaguer et rire, de se faire tutoyer d'emblée, de se faire taper sur l'épaule en se faisant appeler l "la soeur" ou "la mère". C'était relaxant de ne pas devoir se retenir, de ne pas devoir baisser les yeux, se tenir bien droite, de ne pas s'empêcher d'éclater de rire (ou alors avec le main devant la bouche), de parler fort et beaucoup, avec les mains, voire tout le corps et dire ce qu'on pense. C'était agréable de traîner après le café pour parler de choses et d'autres, un choc de les entendre parler d'eux-même et de la couleur de leur peau avec dérision et humour, un bonheur d'oublier quelques instants cette retenue et ce sourire poli si caractéristiques des peuples d'Indochine et qui aujourd'hui en particulier, je vous le dis tout net, me gonfle à mort.
Ca me passera et je vous promets de revenir à de meilleures disposition pour les Pays des Mille Elephants quand la voiture sera réparée.
En attendant, un souvenir ému, celui d'Emmanuel , ingénieur logisticien Nigérian en poste pour l'OMS au Kenya, un gros bonhomme en boubou vert porteur d'une thèse de doctorat, qui raconte comment il a failli créer plusieurs accidents dans Phnom Penh rien qu'en traversant la rue et qu'il ne trouve pas les femmes asiatiques minces mais plutôt en état de malnutrition chronique. Après une partie de franche rigolade où je lui expliquais les moeurs en vigueur en Asie du Sud-Est (ne pas toucher la tête des gens, ne pas montrer la plante des pieds, donner l'argent à deux mains, ne pas crier ni s'énerver, ne pas se faire des papouilles en public et qu'il n'avait aucune chance d'être servi s'il s'adressait à la serveuse en pointant l'index vers elle et en lui disant "Eh Sissi , tu m'aportes une tasse de café là ou tu te moques de moi?,) il a conclu philosophiquement: "Eh la Maman (c'est moi), si un jour à l'OMS au Laos vous avez besoin d'un logisticien, rappelle-toi qu'il y a au Kenya un certain Emmanuel Taylor et qu'il n'est pas du tout intéressé par ce poste".
C'est noté. Cette chronique n'est pas dédiée aux Khmers Rouges ni à l'économie de marché Parce qu'ils ont les uns et l'autre créé à Phnom Penh (et certainement dans le reste du Cambodge) une misère à fleur de ville, une mendicité tenace, des éclopés des membre et de la vie.
Ne me demandez pas par quoi je voudrais remplacer l'économie de marché ni ce qu'il adviendra du Cambodge quand Sihanouk ne sera plus là. Je ne suis pas assez savante pour ça.
Mise à part la mendicité (si tant est-il qu'il soit possible de mettre la misère à part), Phnom Penh est une belle ville, bien entretenue, bien reconstruite, où la trace de l'histoire tragique du Cambodge s'efface au profit d'un nouveau faste (Palais Royal illuminé le soir pour quelque invité d'honneur) et de la vie qui reprend ses droits (comme ce militaire démobilisé, maintenant chauffeur de moto-taxi souriant et serviable). Evidemment, si on veut manger sur un des bateaux illuminés accostés sur les rives du Tonlé Sap (je ne l'ai pas fait mais une collègue un peu prout prout a essayé), il faut supporter d'être entourée d'une armée de jeunes femmes-sandwich habillées du costume traditionnel khmer et portant sur l'écharpe qui ceint leur sein (waoh!) un slogan publicitaire pour du vin, des cigarettes ou de la bière. Elles s'arrachent les nattes pour être au premier rang et vous empêchent littéralement de respirer: elles ne sont sans doutes payées qu'à la commission et font vivre 12 personnes du fruit de leur activité nocturne de pancarte publicitaire. Un régal.
Cette chronique est dédiée aux globe-trotters courageux qui ont décidé de nous rendre visite dans notre maison les pieds dans l'eau
J'ajoute dorénavant à ma chronique le calendrier d'occupation de la maison puisqu'il semblerait que vous ayez déjà des difficultés à réserver vos billets pour des périodes où il y aurait un matelas disponible ...
Liliane 15-30 Janvier Gilles et Suzon Quelque part entre le 31 Janvier et le 20 Février Sophia, Philippe et Emna 20 Février-9 Mars Alex, Thierry, Sacha et Robin 2-16 Mars (avec un séjour chez les indigènes?) Eric, Hee Sun et Yumi ? Bulletin et prévisions météorologiques: La température commence à se rafraîchir Il fera "caillant" (minimas de 13-15 degrés !) en Novembre-Décembre Frais matin et soir et chaud en journée en Janvier et Février Les chaleurs commencent en Mars (mais rien de comparable à Avril En Avril il fait hon laiï laï ainsi qu'en Mai, Juin Juillet-Aout-Septembre, il pleut comme vache qui pisse et on rentre en Belgique Et c'est reparti pour un tour Vous êtes les bienvenus, nous vous attendons avec impatience Je vous embrasse Maryam
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